Avec un nom d’artiste pareil, Antoine Eynius a placé sa destinée sous la coupe de l’astre de feu. Celui qui rythme le train-train social et nous expose sans répit à sa lumière. On retrouve dans la musique de Suna les effluves enivrants de ces instants hédonistes au bord de la piscine, tandis que la parole se délie et que les corps luisants se nourrissent des derniers rayons du jour. Cette ambiance sexy et intime, avec sa touche de voyeurisme, ces petits mots qu’il susurre et répète sur des sonorités qui empruntent à la chill wave, la UK house et même au rock, c’est une partie de l’équation Suna. Mais qu’on ne se méprenne pas, la musique de Suna n’est pas ostentatoire. Il y a toujours cette mélancolie lancinante qui finit par rattraper le garçon. Suna n’est pas que soleil. Il a son côté loup solitaire, un trait de caractère hérité d’années à user des manettes de consoles et à déambuler dans les rues parisiennes, où il peut décortiquer la musique qu’il entend, capturer des fulgurances, réciter des mélopées dans sa tête pour enfin créer.

 

Entre les jalons majeurs qu’ont été sa victoire du concours de remix de Tsugi avec sa sensible réinterprétation du titre « Yan Kadi » du jazzman Eric Legnini en 2014, le succès de son morceau « Sometime » l’année suivante, sa composition d’un remix pour Angus & Julia Stone qui finira dans leur album deluxe, la sortie de « Grey », son premier single chez [PIAS] en 2017 et maintenant la sortie du maxi Surprise Surprise fin 2018, la musique de Suna n’a cessé de s’ouvrir à de nouveaux horizons.